Infirmiers à Perpignan : « on nous envoie à l’abattoir »

Par - 30 mars 2020 à 18:56

Masques, blouses, gel hydroalcoolique, charlottes de protection, voilà tout ce dont manque le corps infirmier. Face à cette crise inédite, le gouvernement a décidé de réagir en commandant plus d’un milliard de masques à la Chine dont 10 millions pour la région d’Occitanie.

Mais le mal est sans doute quasiment fait. Ambulanciers, ou praticiens, tous font part d’un manque cruel de matériel. Des carences qui les exposent directement au virus tout comme leurs proches.

Le corps infirmier souffre c’est une évidence. Entre système D, refus de patients et sur-tarification du matériel indispensable, la coupe est pleine. Une infirmière a souhaité témoigner.

«  Le gouvernement nous envoie à l’abattoir »

Celle-ci, comme tout son corps de métier se dit « démuni face à l’absence de matériels et de protection ». Elle va même plus loin :

On a un vrai sentiment d’aller travailler totalement nu et de se mettre en danger nous et nos patients. Nous travaillons sans masques, sans gel hydroalcoolique, sans charlottes, et dans le contexte que l’on connaît, c’est scandaleux. Nous sommes contraints de se débrouiller entre nous, par manque de matériel à s’échanger les masques, les charlottes sur des parkings d’hôpitaux. Chacun se paie son matériel. On en vient même à se rembourser entre nous lorsque la situation le veut.

Un responsable selon elle : le gouvernement. Le corps infirmier est selon elle « méprisé » par les autorités. Une situation qui amène elle, et ses confrères et consœurs à faire des choix :

Comment le gouvernement n’a t-il pas pu anticiper cette crise ? Aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de refuser des patients, car nous manquons cruellement de matériel. Et si la situation continue d’empirer, bon nombre d’hôpitaux seront engorgés et on ne pourra pas absorber la vague de cas qui se prépare. On travaille à flux tendu. Nous sommes méprisés par le gouvernement qui ne pense qu’à l’argent et on ne va pas tarder à en payer le prix fort. 

Un autre problème se pose. Comment être réapprovisionné quand, même les pharmacies ne disposent pas ou bien ne désirent pas mettre à disposition du matériel ? Si l’infirmière contactée ne fait pas de généralités, elle pointe néanmoins un dysfonctionnement de taille : la surfacturation du matériel.

Quand certaines pharmacies jouent le jeu en nous laissant des masques par exemple, d’autres en profitent en augmentant le prix des masques. Une collègue infirmière sur Perpignan, a voulu acheter 10 masques FFP2 pour son unité, elle s’en est sorti avec une facture totale de 500 euros.


Réactions
  1. Mario le 30 mars 2020 à 20:16

    Honte à ceux qui profitent de la situation pour se remplir les poches. J’espère bien que nous saurons qui ils sont

  2. Tatoune2320 le 30 mars 2020 à 22:02

    C est un honte,les infirmière chirurgien tout les hôpitaux ne mérite pas sa il son humain il sauve des vie,au jour d aujourd’hui ok cet dur met il faut montrer au gouvernement que cet pas eu qui vont faire les lois sa serais moi je manifesterais surtout dans cet moment la et les hôpitaux devrais arrêter de bosser juste pour que tout le monde se réveil même si il a des malade bien penser à vous arrêter d être trop gentil

  3. jiji le 31 mars 2020 à 20:49

    bonjour:est remis au cabinet infirmieres de mon village boite de masque girurgical, boites de masques visiteurs , boites de gants et paquets de lingettes desinfectantes et aujourd’hui en allant recuperer mon aide alimentaire au secours populaires leur est laisser deux boites de gants ce qu’il ont apprecié et 5euros dans la tirellire alors que la distribution gratuite ce jour,

  4. Coleris67 le 1 avril 2020 à 09:59

    Je suis d accord..Des pharmacies qui ne jouent pas le jeu , il faut donner leur nom..Non pas a la geedarmerie qui ne feront rien, mais sur.nos reseaux …pour que l on s en souvienne bien, leur faire honte.Ils gagnent bien assez sur le dos des autres!!

  5. Lili le 1 avril 2020 à 16:43

    Si vous travaillez en hôpital, il appartient à votre employeur de vous fournir le matériel nécessaire. En principe, c’est le service de la pharmacie de l’hôpital qui est chargé de fournir tous les besoins de matériel et de médicaments. Si vous en manquez, vous devez voir ce qu’il se passe avec le service de la pharmacie hospitalière

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